Déjà 5ème opus dans une discographie bien fournie émaillée de hits imparables comme « Moon », avec ce nouvel album Lovers, le marseillais Kid Francescoli montre une fois encore ouverture d’esprit musical de cet artiste aussi talentueux que singulier. Cette fois il convie de multiples voix féminines à son projet en mêlant de nombreuses influences musicales tout en conservant sa signature musicale. Il n’a de cesse d’emmener fièrement ce Lovers sur scène dès le 28 février à Milan pour une tournée qui se terminera en point d’orgue le 19 novembre prochain à l’Olympia.

Après 2 albums dédiés à ta relation avec Julia Minkin, ce sont toujours les filles qui t’inspirent finalement : es-tu un éternel lover ?
C’est vrai que c’est toujours la voix féminine qui apport l’étincelle, l’inspiration.
Je passe beaucoup de temps à enregistrer des musiques, des thèmes, des boucles mais dès que je pose une voix féminine dessus, tout semble prendre forme.
J’aime aussi partir d’une voix et tisser la musique autour, comme ça a été le cas pour « the only one » sur cet album.
Je trouve qu’il y a dans le mot « lover » un côté cliché avec lequel je ne suis pas très à l’aise. C’est pourquoi l’album s’appelle « lovers », c’est le mot qui décrit le mieux les personnes (autant les chanteuses que moi) qui ont fait cet album et les thèmes qu’elles ont abordés.

Tu as beaucoup tourné un peu partout dans le monde notamment grâce à des titres comme « Moon » : que retires-tu de ces expériences live ?
J’adore tourner, quand on commence à faire de la musique je pense que c’est le but: sortir des albums et faire le tour du monde.
Il y a toujours beaucoup d’émotions, surtout de voir que les gens connaissent et chantent ta musique aussi loin de chez toi, à beyrouth ou djakarta par exemple.
C’est intéressant de voir la différence entre les publics, certains sont plus chauds, d’autres plus intrigués, mais au final tous les concerts de la dernière tournée ont été des bonnes expériences.
Et puis à l’étranger on est toujours plus à l’aise, le choc des cultures devient alors une excuse pour essayer, expérimenter des choses sur scène, dans la communication avec le public.

Est-ce que le live a modifié ta vision de ta propre musique ?
Oui, je fais clairement de la musique plus dansante depuis que je tourne sérieusement. J’essaie de ne pas trop y penser quand j’enregistre mais ça fait partie d’un tout, il faut prendre ça en considération.
Mais ça laisse aussi la place à des moments où on peut expérimenter en studio, notamment quand on comprend que le morceau sur lequel on travaille ne sera clairement pas joué en live, on peut partir dans plusieurs directions.

Ou as-tu puisé le plus ton inspiration pour ce nouvel album : l’amour ou les voyages ?
Les deux. Les nombreux voyages de la tournée m’ont permis de réaliser à quel point la vie et l’amour qui m’attendaient à chacun de mes retours à marseille étaient précieux.
Sur les précédents albums j’avais tendance à être animé par cette envie de fuite, de vivre ailleurs, où je croyais l’herbe plus verte. Mais cette fois-ci j’ai tellement apprécié ce sentiment de paix en revenant à Marseille, avec sa mer, son soleil et sa lumière que ça en est devenu inspirant.

Tes précédents étaient dédiés à une femme et cette fois tu es entourés de plusieurs : comment est né cette envie de multiplier les collaborations féminines avec Samantha, Sarah Rebecca, Nassee, Alizée alias iOni ?
A partir du moment où je savais qu’on ne ferait pas de troisième album avec Julia, j’ai essayé de rester le plus ouvert possible à la collaboration et aux surprises, exactement l’état dans lequel j’étais quand je l’avais rencontré à new york.
J’ai alors parlé autour de moi, lancer quelques pistes, et les choses se sont faites simplement, au hasard de la nuit marseillaise (Samantha), d’une collaboration passée (Sarah Rebecca), de connections (Nassee) ou de la préparation de la prochaine tournée (Ioni).

Quel rôle a joué Simon Henner aka French79 (qui vient lui-même de sortir son album) ?
Il m’apporte beaucoup à chaque album. C’est avant tout un ami avec qui j’échange beaucoup sur la musique, la production, les nouvelles sorties et les artistes légendaires. Forcément ça rend les choses beaucoup plus fluides quand il s’agit de travailler ensemble sur un album. Son apport varie beaucoup selon les morceaux: il peut aller d’une simple couche de vernis sur un titre dont j’ai déjà bien avancé la production à une composition à 4 mains et une relecture totale du morceau.
Il fait de la musique électronique mais son panel de compétences est bien plus large: il peut faire des arrangements orchestraux ou un solo de guitare très doux aussi bien qu’il trouve des beats tellement dansants.

C’est déjà ton 5ème album : quelle vision as-tu de ton évolution musicale depuis tes débuts ?
Je suis déjà content qu’il y ait une évolution, c’est primordial pour moi dans la carrière d’un artiste.
Après je pense qu’elle est surtout le miroir de toutes les musiques que j’ai écouté et aimé au fil des années, et j’espère continuer à évoluer encore, même si c’est par petites touches, en apportant des éléments nouveaux à chacun de mes albums.

Quel est l’aspect de l’album Lovers dont tu es le plus fier et pourquoi ?
C’est justement l’exploration de nouvelles pistes que je n’avais pas approché sur les albums précédents: la rythmique zouk de « Ces Deux-Là », le côté orchestral de « The Only One », le chant en portugais-brésilien sur « Eu Quero » et « O Sol »…

Tu as multiplié les collaborations sur ce disque : quelles seraient tes collaborations idéales dans l’avenir ?
Je vais essayer d’entrer en contact avec Rihanna, Rosalia, Billie Eilish, Frank Ocean, Kanye West et Julian Casablancas !

Ta musique est lumineuse même lorsqu’elle est mélancolique : est-ce que Marseille joue un rôle dans ton inspiration? Quel est donc ce petit port en fer à cheval en bas de la corniche Kennedy ?
Comme je le disais au sujet des voyages, je crois que Marseille joue surtout un rôle apaisant: la lumière ici a quelque chose de réconfortant.
Le petit port en fer à cheval c’est le Vallon des Auffes, quand je rentre d’une date un peu lointaine et que je m’y retrouve je me dis que j’ai la chance de vivre dans un des plus beaux endroits qu’il m’ait été donné de visiter.


KID FRANCESCOLI
LOVERS
(YOKANTA)
kidfrancescoli.com