Véronique Jannot et Philippe Glogowski / Tibet, l'espoir dans l'exil
Tout commence par l’envie de Véronique Jannot, présidente fondatrice de l’association Graines d’Avenir, de parrainer Migmar, une jeune orpheline tibétaine. Ensuite, grâce aux traits de Philippe Glogowski, cette histoire va prendre forme et devenir Tibet, l’espoir dans l’exil, une bande dessinée qui parle de l’épanouissement de cette jeune fille, de l’identité de son peuple et de la lutte pour sa liberté de culture.
Tibet, l’espoir dans l’exil
Véronique Jannot/Philippe Glogowski
(Éditions du signe)
Corinne Maier et Anne Simon / Freud
Si vous avez envie d’offrir un cadeau à votre psy, ruez-vous sur cette biographie ludique du théoricien viennois : son enfance où il se rêvait en Hannibal, son étude des travaux de Charcot sur l’hypnose, ses six enfants, son exil en 1938… Cette BD permet aussi d’entrer dans la recherche psychanalytique puisqu’elle détaille en images les cas d’Anna O., de Dora, du petit Hans ou de l’homme au rat.
Freud
Corinne Maier et Anne Simon
(Dargaud)
Agnès Abécassis / Scènes de mon âge
La Bridget Jones française revient à son premier amour, le dessin, avec cet album irrésistible, carnet de bord du quotidien de la néo-trentenaire. Les rencards avec de gros nazes, les ados ingérables à la maison, les copines langues de vip’… Quelques vignettes suffisent à croquer ces instantanés de vies plurielles, parfois compliquées, mais que les femmes savent toujours aborder avec humour et dérision. À mettre entre toutes les mains des célibattantes !
Scènes de mon âge
Agnès Abécassis
(Michel Lafon)
Guy Delisle / Chroniques de Jérusalem
Fort du succès remporté par ses Chroniques Birmanes, Guy Delisle pose cette fois-ci ses bagages et sa curiosité naturelle en Terre Sainte. Avec un sens du détail remarquable, l’auteur revient sur son séjour en Israël entre 2008 et 2009 et dessine sur le mode du journal de bord un constat géopolitique saisissant. Évitant tout jugement hâtif et gardant un regard de strict observateur, Guy Delisle confirme tout au long de ces 330 pages les qualités artistiques et anthropologiques de son œuvre.
Chroniques de Jérusalem
Guy Delisle
(Delcourt)
Malnati / Congo-Océan
Dans une Afrique enchaînée par la colonisation et l’esclavage, Loïc Malnati croise histoire d’amour et Histoire avec un grand H. Des débuts prometteurs pour une série qui puise son inspiration du côté d’Hugo Pratt.
Congo-Océan est le nom d’une ligne de chemin de fer qui traverse toute la République du Congo sur plus de 500 km. Construits par l’administration coloniale française entre 1921 et 1934, ces rails ont été la cause de nombreuses pertes humaines dues aux traitements déplorables infligés aux esclaves. C’est dans ce contexte que vont se rencontrer Lisa, riche héritière d’un puissant négociant colonial, et Paul, ornithologue musicien aux faux airs de Corto Maltese. Ensemble, ils partent à la recherche du calao blanc, un oiseau légendaire prêt à mourir par amour pour sa compagne. Mais les atrocités esclavagistes de ce Congo colonial ainsi que le passé de Lisa vont rapidement ressurgir et obscurcir le ciel des deux tourtereaux. Simplifiant son trait pour rendre son dessin plus percutant, Loïc Malnati propose un tome 1 entre exotisme et romantisme. Un ouvrage qui pose les premiers rails d’un chemin de fer qui pourrait aller loin.
Congo-Ocean
Malnati
(Glénat)
Michel Faure / Jésus Marie Joseph
Cette bande dessinée intrigante tente de résoudre l’uns des plus grands mystères du Nouveau Testament : la paternité du Christ. Si comme chacun sait, un ange a été envoyé sur terre pour annoncer à Marie qu’elle allait devenir la mère de Jésus, il n’en a pas été autant pour ce qui est de son père. Dieu soit loué, Jésus Marie Joseph prend le parti de corriger cette malheureuse erreur. Avec ce livre original, Michel Faure nous laisse croire que les choses ne se seraient pas vraiment passées comme le décrit la Bible. Il fallait oser.
Jésus Marie Joseph
Michel Faure
(Glénat)
Jean-Patrick Manchette & Jacques Tardi / Ô Dingos, Ô Châteaux !
Nouvelle adaptation de Manchette par Tardi, Ô Dingos, Ô Châteaux ! subjugue par sa violence rêche et l’urgence d’un récit qui ne laisse jamais respirer son lecteur. Le genre de bande dessinée qui fait partir en crise d’asthme.
Lorsqu’en 1973, Jean-Patrick Manchette obtient le Grand Prix de la littérature policière, il ne comprend pas ce qui lui arrive. Biberonné au jazz et au cinéma américain, le jeune auteur ne connaît alors rien à la littérature policière française dont Ô Dingos, Ô châteaux ! lui fait prendre le volant. Ce n’est que plus tard que Manchette deviendra cet écrivain majeur du roman noir à travers Le petit bleu de la côte Ouest et La position du tireur couché. Ces deux livres, Jacques Tardi les a déjà adaptés et il s’attaque aujourd’hui à l’œuvre de jeunesse de Manchette. Sa relecture sublime la violence crue et la psychologie complexe des personnages. Directement inspiré des road-movies et des films noirs américains, ce récit en quatrième vitesse plonge dans de sombres histoires où se mêlent héritage, tueur en série en fin de carrière et courses-poursuites à travers la France. Dans une remarquable apothéose finale, le dessinateur illumine de son trait couleur nuit une bande dessinée jusqu’au-boutiste qui prouve que la combinaison Manchette-Tardi n’a pas tiré sa dernière balle.
Ô Dingos, Ô Châteaux !
Jean-Patrick Manchette & Jacques Tardi
(Futuropolis)
Ueno Kentarô / Sans même nous dire au revoir
Dans un récit autobiographique bouleversant, Ueno Kentarô plonge au plus profond de sa souffrance et raconte le décès de son épouse Kiho. Il savait que sa femme, de santé fragile, asthmatique et dépressive, partirait sûrement avant lui, mais jamais il n’aurait pu anticiper la décharge émotionnelle qu’allait lui infliger ce départ forcé. De ce manga au graphisme remarquable jaillit tout le désespoir de Kentarô, comme pour mieux reconstruire grâce à son art une vie nouvelle loin du passé.
Sans même nous dire au revoir
Ueno Kentarô
(Kana)
Martin Wautié / Super Rabbit
Entre cuites à la bière, pizza pourries et soirées reality show, Roger, aka Super Rabbit, est un super-héros en galère. À tel point que sa conseillère Pôle Emploi lui suggère de trouver un vrai travail au plus vite. Humour ravageur et ambiance vintage sont les ingrédients de cette remarquable BD de Martin Wautié sur les travers du rêve américain, la face B du succès et les tourments du chômage.
Super Rabbit
Martin Wautié
(Manolo Sanctis)




