Après nous avoir chanté « La Femme à la peau bleue », aujourd’hui Vendredi sur Mer nous chante la femme en général et plus précisément l’amoureuse. Bercé par son chanté-parlé, marque de fabrique de la Suissesse, on se laisse susurrer à l’oreille des histoires de cœur qui nous font sourire, pleurer et rougir parfois. Avec Premiers Émois, la narratrice roule autant de pelles qu’elle reçoit de râteaux, mais ne renonce jamais à bâtir ses châteaux de sable.

 

Sur la pochette de ton album tu joues la Vénus de Botticelli, cheveux au vent. L’image annonce la teinte de Premiers Émois, une féminité qui parle à tout le monde ?

Dans ce tableau il y a effectivement cette femme nue qui représente la féminité. Elle incarne toutes les amoureuses de cet album, toutes nos histoires communes. C’est un projet universellement intime. Aux côtés de Vénus, il y a aussi des personnages très tranchants, alors qu’elle est plutôt délicate. Ce contraste s’apparente bien à ma musique, douce mais tranchante dans les mots que j’utilise.

Dans cet album tu es sans cesse en mouvement, tu conjugues tes histoires à tous les temps. C’est le côté insaisissable des moments amoureux qui t’a aidé à écrire l’album ?

Oui, j’écris ce que je ressens, ce que je vis ou ce que j’ai vécu. Ce que je fantasme parfois. C’est un slalom. On part de la candeur, de l’adolescente à l’arrière d’un scooter enlaçant son copain, à la dernière chanson qui est une ouverture, plus sensuelle, très femme et érotique.

Dans les titres « L’histoire sans fin » et « Chewing-gum », il y a effectivement quelque chose de très candide, d’addictif. L’amour comme un bonbon que l’on veut mâcher encore et encore ?

Oui, mais il ne faut pas le voir comme quelque chose de négatif, l’amour est fait en dents de scie. Il ne faut pas avoir peur de l’amour, de son côté sucré, rose et de son deuil. Cet album est une sorte de petite thérapie que j’ai finie, je la range et j’en commencerai surement une autre plus tard.

©Pauline Caranton

Il y a dans la musique de Premiers Émois un fond sonore qui rappelle les vieux films d’amour mielleux comme La Boum

J’ai des inspirations assez diverses, j’aime imaginer mes chansons comme des courts-métrages. Il y a une ambiance dans les films des années 70-80 qui est assez folle. En préparant l’album, on s’est imprégnés des musiques de Vladimir Cosma qui a fait la bande originale de La Boum, de Philippe Sarde pour Les Choses de la vie… Mais je suis aussi bouleversée par des films plus récents comme ceux de Maïwenn ou d’Emmanuelle Bercot, où il y a une tension entre haine et amour.

Faut-il avoir peur de dire je t’aime?

C’est difficile à dire, c’est une phrase qui demande une suite. La chanson « Je t’aime trop tôt » résume bien la situation. Est-ce que c’est le bon moment ? Simple flirt ou plus ?  C’est justement ce moment de flottement qui est beau. Il ne faut pas avoir peur de la découverte, de l’après « Je t’aime ».

Vendredi sur Mer Premiers Émois

(Profil de Face) Sortie le 22 mars 2019

 

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