Sorti il y a deux mois, le nouvel album de Requin Chagrin, Sémaphore, prend enfin le large pour une série de concerts et de festivals à l’arrière-goût salé. L’occasion de partir à la dérive avec cette dream pop à fleur de peau qui dégage une tempête d’émotions. Quatre ans après le passage d’un premier album, Marion, la sirène de la bande, s’enfonce dans les abysses, laissant quelque peu le power-surf juvénile sur le rivage: « J’ai cherché à explorer de nouvelles sonorités et suis tombée dans la magie des pédales d’effets pour des guitares plus aquatiques qui m’ont permis d’étoffer mon son ». Requin Chagrin parvient tout de même à garder la tête hors de l’eau, à 30 ans, sans perdre de vue ces étés d’adolescence pleins d’insouciance, avec leurs lots d’amour et de chagrin qu’elle gardera en image au loin comme un rappel, un sémaphore.

© Ella Herme

Requin Chagrin c’est la vague de surf, l’embrun ou le vague à l’âme ?

Vague de surf et vague à l’âme avec un peu de soleil, le tout parsemé de chagrin d’amour.

La direction est une thématique forte dans ce deuxième album. Quelle direction as-tu prise, quel est le phare, le sémaphore – pour reprendre le titre de l’album – qui t’a guidée tout au long de ce projet ?

« Sémaphore » a été mon titre phare (sans mauvais jeu de mots) de ce nouvel album. Quand je l’imagine, j’ai directement des images de couchers de soleil, de plages, de la mer Méditerranée et de la nuit éclairée par la lumière du phare qui se trouve à côté du sémaphore que je connais (au cap Camarat, à Ramatuelle). Je me suis laissée guider par toutes ces images, ce qui donne un côté un peu vaporeux, rêveur et nostalgique à cet album.

Tu coules, tu t’échoues, tu dérives et navigues à toute vitesse au fil des chansons, as-tu l’impression d’être enfin arrivée à bon port ?

Je ne sais pas ! En tout cas, je voyais bien dès le départ le titre « Le Grand Voyage » en fin d’album. On peut dire que c’est la fin de l’aventure, mais on peut aussi se perdre et s’évader dans les 1000 couches de guitares réverbérées de l’outro.

Tu as orchestré 17 premières parties de la tournée d’Indochine en 2018 et tu as signé pour KMS Disques, le label de Nicola Sirkis. On décèle une « légère » obsession pour le groupe qui se ressent aussi dans ta musique, cette guitare aux sonorités oniriques. Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai pas mal écouté Indochine quand j’étais ado donc c’est assez cool de se retrouver des années plus tard sur le label de Nicola et de faire leurs premières parties. Le son de leurs guitares sur les premiers albums me parle beaucoup encore aujourd’hui. J’ai d’ailleurs trouvé une guitare Fender Mustang rouge similaire à celle qu’avait le guitariste du groupe à leurs débuts, j’ai joué quasiment tout l’album avec !

Tu feras partie également des 40 noms à l’affiche de la première édition de Val de Rock en juin, un festival placé sous le signe des 80’s avec des artistes iconiques comme Boy Harsher ou Jimmy Somerville, c’est un peu le rêve pour toi ?

Je crois qu’on joue le même soir que Jimmy Somerville, j’espère qu’on pourra danser sur le légendaire « Smalltown Boy »!

Requin Chagrin

Sémaphore

(KMS Disques/Sony Music)

Requin Chagrin en concert dans toute la France :

4 avril : Festival les femmes s’en mêlent – Paris ( 75)

5 avril:  Sonic – Lyon ( 69)

6 avril: 109, L’Embarcadère – Montluçon (03)

13 avril: Festival Les femmes s’en mêlent – Brest (29)

20 avril:  Festival Printemps de Bourges – Bourges (18)

29 mai:  L’Hydrophone – Lorient (56)

29 juin: Festival Val de Rock – Chessy (77)