L’histoire de J.S. Ondara ressemble un peu à un conte de fée moderne. Né à Nairobi au Kenya, il rêve de rock anglais et américain, mais sa famille n’a pas de quoi lui payer une guitare. En 2013, il parvient à s’installer à Minneapolis afin de poursuivre son rêve de devenir musicien. Et voilà que, 5 ans plus tard, il publie son premier album Tales of America sur le fameux label de jazz américain Verve, un disque acoustique mêlant folk et blues produit par Mike Viola (Ryan Adams, Jenny Lewis) et enregistré aux studios Boulevard Recording et East West Studios à Los Angeles.

Pourquoi avoir choisi Minneapolis précisément ?

Je voulais déménager aux États-Unis avant tout pour poursuivre une carrière musicale et à Minneapolis plus particulièrement à cause de Bob Dylan, dont je suis un grand fan.

Au Kenya tu chantais et écrivais déjà des chansons?

Dans ma famille, il y a avait une radio qui était toujours allumée, diffusant constamment de la musique. Au début, je chantais des mots sans vraiment comprendre, en yaourt, par dessus les chansons que j’entendais. Je rêvais de jouer de la guitare, mais n’avais pas les moyens de m’en offrir une alors j’utilisais juste ma voix et mes mots.

Tes premières chansons étaient-elles en kenyan ou en anglais?

C’était en anglais dès le départ, mais un très mauvais anglais. Mon intérêt pour la langue anglaise est venu de concert avec mon intérêt pour le rock anglophone, les deux étaient indissociables pour moi.

Quelles chansons ou artistes t’ont marqué durant cette époque ?

J’écoutais en boucle Nirvana, Oasis, Radiohead ou encore Death For Cutie. Une fois arrivé à l’université, je me suis découvert une passion pour Bob Dylan, en particulier l’album Freewheelin. Cela a vraiment déclenché chez moi l’envie d’être chanteur-auteur-compositeur comme Neil Young ou Ray LaMontagne.

Comment es-tu parvenu à te faire accepter par la scène locale de Minneapolis ?

J’étais déterminé avant tout. Je me suis produis lors de nombreux scènes ouvertes, cela m’a beaucoup aidé. Et j’ai reçu une grande aide de la part des musiciens locaux ainsi que des radios locales comme KCMP, également connue sous le nom The Current. C’est d’ailleurs grâce à cette dernière que j’ai pu signer sur le label Verve.

Lorsque tu es arrivé aux États-Unis tu ne jouais pas encore de la guitare, n’est-ce pas?

Oui, j’ai appris dès mon arrivée à Minneapolis. En fait, je ne dirais même pas que je joue de la guitare, disons que j’arrive à tromper mon monde (rires!) Je m’essaie aussi à tout instrument qui consiste à gratter des cordes comme la basse, la mandoline…

Sur ton album tu as écris toutes les chansons, mais tu as invité quelques grands musiciens et artistes également ?

Oui, sur l’album je chante et je joue la guitare. Pour les autres instruments, il s’agit d’Andrew Bird, Taylor et Griffin Goldsmith de Dawes ainsi que Joey Ryan du groupe The Milk Carton Kids.

Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire des chansons ?

C’est assez mystérieux. Il y a quelques semaines, lorsque j’étais assis dans le public pour la cérémonie des Grammys, j’ai écrit une chanson. Hier encore, j’étais en rendez-vous et, à la pause, j’ai écris une autre chanson. J’ai un carnet toujours sur moi et, dès que l’inspiration m’appelle, je note mes idées, de même avec mon téléphone. Cela peut venir à n’importe quel moment et souvent cela arrive dans des situations pas faciles, mais je dois suivre ma muse. Par exemple, si cela arrivait maintenant, je ferais une pause pour noter mes idées parce que si je ne le fais pas, j’ai peur de perdre cette inspiration. J’écris tout le temps – ou presque. Au départ, c’était toujours les mots sous forme de poèmes ou autres qui me venaient en premier, maintenant cela peut être des mots ou des mélodies, indifféremment. Ensuite, c’est comme un puzzle, j’essaie de faire coïncider des mots avec des mélodies.

Tu avais plus de 100 chansons pour cet album, comment as-tu choisi celles qui y figurent ?

J’avais déjà le titre de l’album donc cela m’a guidé dans le choix La chanson « American Dream » est pourtant l’une des dernières que j’ai écrites : j’en ai écrit plusieurs versions, n’arrivant pas à trouver la bonne. J’avais assez de chansons pour faire un autre album, mais je l’ai laissé de côté car ce n’était ni les bonnes chansons ni le bon moment pour moi.

Ta dernière vidéo en date est un hommage direct à Bob Dylan…

Dans la vidéo de « Torch Song » que j’ai réalisée moi-même, je fais directement référence à la première apparition télévisée de Bob Dylan, en mars 1963, où il a interprété « Blowing in the Wind ».

 

J.S. ONDARA Tales Of America

(Verve/Universal)