Jeu bourrin à l’humour potache, la nouvelle génération de Wolfenstein est à classer sur l’étagère des jeux qui défoulent. Jusqu’ici jouable uniquement en solo, ce nouvel opus propose une coopération à deux joueurs en ligne. Plus on est de fous, plus ça défouraille. 

Culte depuis le début des années 90 à l’instar de Doom, Quake ou Half-Life, Wolfenstein a ce capital sympathie qui en fait un jeu un peu à part. Son principe d’uchronie, si cher à la pop culture et aux jeux vidéo, le rend attachant. Il faut imaginer que les nazis n’ont pas perdu la guerre et, qu’en plus, ils ont tellement progressé technologiquement que leurs machines à tuer dépassent tout entendement. C’est une proposition scénaristique idéale pour dézinguer à outrance des super méchants sans aucun cas de conscience.

Toutefois, heureusement, le jeu est jouable en solo, avec comme partenaire une intelligence artificielle parfois aux fraises, mais qui a le mérite de bien nous épauler. Car il faut concéder que le niveau de difficulté est assez élevé par moments. Surtout que les checkpoints de sauvegarde ne sont pas comme les FPS classiques, les joueurs doivent s’attendre à recommencer des niveaux entiers si le boss de fin n’a pas été tué du premier coup (telle une logique de jeu multijoueur). C’est encore pire lorsqu’on rejoint une partie en cours, car il peut même arriver de devoir anéantir une seconde fois des adversaires difficiles, ce qui s’avère parfois franchement lassant. Mais heureusement, le niveau de compétence ne cesse de monter même après les défaites. Cette quête de points d’expérience est d’ailleurs un peu trop flagrante et rend le jeu pas vraiment subtil : on massacre à la chaîne, sans vraiment trop savoir pourquoi à la fin. Mais si le but est de se défouler un grand coup, Wolfenstein : Youngblood est parfait. D’autre part, ce nouvel épisode comporte une originalité remarquable. Outre le fait d’être jouable à deux, ce n’est plus le héros aux grandes épaules, à la mâchoire carrée et la barbe de trois jours qui occupe l’écran, mais deux jeunes filles à peine sorties de l’adolescence, dont la fougue n’a d’égale que leur immaturité. C’est une très bonne idée pour un FPS de ce genre. Cela donne une vraie dynamique et une fraîcheur revigorante. Par ailleurs, l’humour est encore plus marqué car l’action se déroule dans les années 80 et les créateurs s’en sont donnés cœur joie pour imaginer toutes sortes de références divertissantes. Ce contraste entre fantaisie et hémoglobine, violence et plaisanterie, référence historique sinistre et raillerie est toujours aussi réjouissant. Pour le décor, les combats se déroulent dans une stupéfiante ville de Paris assiégée, qui mélange le style haussmannien avec l’architecture fantasque nazi. Albert Speer, l’architecte personnel de Hitler aurait adoré : c’est grandiloquent, néo-futuriste, anxiogène et intimidant. Les développeurs ont imaginé des niveaux sur des hauteurs différentes qui mélangent couloirs, recoins et grands espaces. La topographie n’est pas toujours lisible, mais elle est admirablement ludique. 

Si le premier Wolfenstein date de 1981, la quinzaine de titres semés tout au long de ces quatre décennies n’ont pas tous laissé une empreinte mémorable. De l’édition historique imaginé en 1992 par Id Software, Wolfenstein 3D, à la renaissance en 2014 par le studio aujourd’hui en charge de son développement, Machine Games, cette licence parvient toujours à trouver son souffle.

Éditeur, développeur : Bethesda, MachineGames
Genre : action
Supports : PC, PS4, Xbox One, Switch
Date de sortie : déjà disponible