Point de mâle alpha ici, ni de héros blanc à la barbe de trois jours, encore moins d’armes surpuissantes et d’explosions, ni de monde ouvert post-apocalyptique avec des zombies… En somme, voici un jeu très rafraîchissant.

Au milieu du XIVe siècle, l’Europe est balayée par un mal très mystérieux pour l’époque : la peste noire. Les hommes et femmes de cette période, qui l’ont interprétée comme un fléau divin, n’ont jamais su ce qui leur arrivait. Comme si cela ne suffisait pas, la guerre faisait rage entre les royaumes de France et d’Angleterre. Une période compliquée donc. C’est à partir de ce contexte historique que les Bordelais de Asobo Studio ont développé une aventure à la frontière de l’histoire et du fantastique. Si les auteurs ont pris quelques libertés avec les faits historiques, les éléments surnaturels s’intègrent toutefois très bien dans la narration. Le joueur incarne une jeune fille de haut rang qui se retrouve tutrice de son petit frère après le massacre de sa famille par des inquisiteurs pas très catholiques. Ils étaient justement venus chercher le jeune garçon à qui l’on prête une maladie étrange – à moins que ce ne soit un pouvoir ésotérique. S’ensuit une périlleuse cavale en binôme à laquelle la discrétion sera privilégiée plutôt que l’attaque frontale. Surtout, qu’ils vont devoir faire face à des nuées de rats très hostiles. Cette menace organique est l’un des atouts du jeu, elle constitue une véritable originalité. Entre énigmes, infiltration et action, A Plague Tale s’appréhende toutefois comme un jeu narratif. L’écriture est suffisamment solide pour nous donner envie d’avancer et la qualité des graphismes rend l’expérience encore plus agréable. C’est exactement ce genre de jeu qui donne de l’air à l’industrie vidéoludique. Il rompt avec la standardisation des grosses productions et, rien que pour ça, son existence est louable.

Genre : infiltration, narration

Éditeur / développement : Asobo Studio, Focus Home

Interactive

Supports : PC, PS4, Xbox One

Date de sortie : disponible